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Qu’est-ce que le laboratoire de rĂ©alisation de rĂŞves?

En bref, c’est un projet artistique de Benjamin Evans.
Mon objectif principal est de transformer des données empiriques objectives obtenues de personnes endormies en de nouvelles formes esthétiques.

Je suis Ă©galement intĂ©ressĂ© par l’exploration d’une branche de la “science” du point de vue d’un Ă©tranger. Je pense qu’il est important de rĂ©aliser que je n’ai aucune expĂ©rience en programmation informatique, en Ă©lectronique, en traitement du signal, en neuroscience ou en science du sommeil. J’ai une formation en arts visuels et en philosophie, mais j’intĂ©resse les processus scientifiques Ă  des fins critiques, sĂ©rieuses et ludiques. Une partie du projet consiste Ă  s’impliquer dans les mondes souvent aliĂ©nants de la science et de la technologie et dans le processus d’expĂ©rimentation et de dĂ©couverte.

Pourquoi cette passion pour les rĂŞves?

On peut soutenir que le rĂŞve est la forme d’art la plus parfaite qui ait jamais existĂ©. Un rĂŞve crĂ©e, par pure imagination, un monde complètement immersif, capable de nous transporter Ă  travers tout le spectre des Ă©motions humaines, de manière Ă  donner Ă  nos dispositifs de «rĂ©alitĂ© virtuelle» de haute technologie une apparence tout Ă  fait infantile. Peintures, romans, films, opĂ©ras – tous nos projets culturels crĂ©atifs peuvent Ă©videmment avoir une rĂ©sonance personnelle durable, mais aucun n’a la capacitĂ© de nous influencer directement comme le font les rĂŞves. Après tout, nous sommes nous-mĂŞmes les auteurs (ou artistes? Ou rĂ©alisateurs?) De nos propres rĂŞves. Les rĂŞves ne sont produits ni par de puissantes sociĂ©tĂ©s de divertissement hollywoodiennes ni par des artistes primĂ©s. Au lieu de cela, ils sont produits par tout le monde, chaque nuit, gratuitement. Les rĂŞves rĂ©vèlent la crĂ©ativitĂ© nĂ©gligĂ©e, l’esprit de jeu et l’inventivitĂ© inhĂ©rente Ă  la biologie de l’être humain lui-mĂŞme, et les productions de la DRL nous aident Ă  nous en rappeler.

Comment les résultats sont-ils obtenus ?

La page Science dĂ©crit le processus de manière très dĂ©taillĂ©e et le Blog documente mon propre processus de dĂ©couverte et d’expĂ©rimentation. Dans ma mĂ©thode, les nouvelles technologies digitales sont utilisĂ©es pour permettre au cerveau endormi de s’exprimer. TirĂ©s d’ondes cĂ©rĂ©brales de rĂŞveurs anonymes, ces images, objets et sons abstraits sont des traductions littĂ©rales de rĂŞves rĂ©els et leur forme mystĂ©rieuse est crĂ©Ă©e en permettant au cerveau endormi de dĂ©terminer lui-mĂŞme les formes, les couleurs, les positions et les tons. Ainsi, mon atelier devient un laboratoire expĂ©rimental rĂ©unissant une vĂ©ritable science du sommeil, l’art, la musique, l’esthĂ©tique et la philosophie.

Ces choses ne ressemblent pas du tout Ă  des rĂŞves.

Les produits rĂ©sultant du processus ci-dessus ne prĂ©sentent Ă©videmment pas beaucoup de ressemblance avec le contenu manifeste ou latent du rĂŞve (c’est-Ă -dire que les rĂŞves de lapins ne produisent pas d’images de lapins, ni ne rĂ©vèlent la symbolique d’un rĂŞve sur les lapins). Ils ne fournissent pas non plus vraiment de schĂ©mas utiles Ă  une analyse scientifique des rĂŞves. Et dans tous les cas, ils ne parviennent absolument pas Ă  transmettre la richesse Ă©motionnelle et psychologique de l’expĂ©rience vĂ©cue lors d’un rĂŞve.

Cependant, tous les Ă©checs ne sont pas mauvais. Dans ce cas, j’estime qu’il s’agit d’un Ă©chec productif, un Ă©chec important et rĂ©vĂ©lateur qui, pour commencer, contribue Ă  exposer l’inĂ©vitable fossĂ© qui sĂ©pare notre vie mentale privĂ©e des pratiques scientifiques et artistiques qui cherchent Ă  les documenter. Mon objectif n’est pas de produire une «visionneuse de rĂŞves» high-tech, ni de participer Ă  l’orgueil des SurrĂ©alistes tentant de prĂ©senter les rĂŞves sur toile. Pour moi, les rĂŞves sont le gage d’une subjectivitĂ© irrĂ©ductible Ă  l’explication scientifique ou Ă  la reprĂ©sentation narrative. Le but n’est pas de rendre les rĂ©cits de rĂŞves individuels visibles, ni de les quantifier en donnĂ©es, mais d’utiliser des perspectives Ă  la fois artistiques et scientifiques pour Ă©voquer le processus fondamentalement mystĂ©rieux du rĂŞve lui-mĂŞme. J’espère que les images, les formes audio et les objets que je produis rempliront ainsi deux rĂ´les: d’une part, ĂŞtre des artefacts de cet Ă©chec de production, du gouffre qui nous sĂ©pare de notre connaissance de nous-mĂŞmes. D’autre part, ĂŞtre des objets Ă  valeur esthĂ©tique intrinsèque, des rappels de notre propre Ă©nergie crĂ©ative constante, bien que latente.

Ă€ propos de Benjamin Evans:

Benjamin Evans est un artiste et Ă©crivain basĂ© dans les Alpes françaises. Il n’a aucune formation formelle en visualisation de donnĂ©es, programmation informatique, MATLab, traitement du signal ou science du sommeil en gĂ©nĂ©ral. Originaire de la province canadienne de Terre-Neuve, il a Ă©galement vĂ©cu sept ans Ă  New York, oĂą il a dirigĂ© la galerie Ă  but non lucratif NURTUREart et a Ă©tĂ© actif sur la scène artistique de Brooklyn. Il a dĂ©jĂ  exposĂ© des Ĺ“uvres professionnelles antĂ©rieures dans des galeries canadiennes et Ă  New York. Pendant son sĂ©jour Ă  Paris, Evans a ouvert le projet de galerie itinĂ©rante Projective City, qui prĂ©sentait le travail d’artistes Ă©mergents Ă  Paris, Ă  New York et dans des lieux virtuels entre les deux. Titulaire de cinq diplĂ´mes, dont un doctorat en philosophie et une maĂ®trise des beaux arts (techniques mixtes), il a enseignĂ© dans plusieurs Ă©tablissements, dont l’Alberta College of the Arts, la Parsons School of Design Ă  New York et Parsons Paris. Ayant terminĂ© son doctorat, il est rĂ©cemment revenu Ă  la crĂ©ation artistique Ă  temps plein.